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About: Bertrand G.

Bertrand Guillonneau. Je suis un navigateur amateur pris, comme tous, dans les mêmes équations de travail (je suis chirurgien), de distance (j’habite maintenant a Paris et à Douarnenez sinon), de famille, de rêves et de poésie. Avec mon frère, nous avons couru en double sur Zinzolin, un Pogo 8.50, la Transquadra 2002-03. Et tout a recommencé soudainement, l’envie de courir à nouveau au large, naviguer en solitaire, laTransquadra 2008-09 tout d'abord avec en ligne de mire, la Route du Rhum 2010, et puis la suite en 2012, l'Alantic tour…

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Nouvelles Solidaires

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Voilà donc une semaine que Mat et Mat sont sur un bateau, parmi onze, a rejoindre Progresso, dans la Solidaire du Chocolat.

Un Class40 de purs amateurs, un des rares sans aucun sponsor dans cette course -j’imagine que Looking for sponsor n’en n’a pas non plus?-, sur une « vieille coque » de 2006 qui a deja bu deux Rhum, et l’on parle d’obsolescence, on dit vintage, c’est moins offensant.

Ils ont pris « l’ option Nord », celle des montagnards, y attendant la pression rugueuse du Labrador avant de tomber vers les alises, il faudra bien, mais passant a travers les trous de petoles comme dans du Gruyère, solitaire car aucun autre n’a mis tant d’Ouest qu’eux, qui preferent plutot les courses de petits chevaux, celles sans option ou l’on se marque et ou l’on attend la faute ou la chute, je suis desole pour Jacques Fournier et Jean-Jacques Caso ; comme c’est un jeu, il y faut aussi de la chance.

Pendant 24 heures, ils etaient en tete, et ceux a terre etaient tous a la fete, sachant que cette cavalcade ne durerait pas, mais que ce qui etait pris ne le serait plus a reprendre, surtout notre plaisir.

On dirait du panache.

Et je les suis avec ferveur et passion, d’abord parce que c’est mon bateau, c’est donc bien naturel, et que chaque mille le rapproche du 22 Juillet et du prochain depart de la “Quebec St Malo“, et parce qu’il joue avec des plus grands, qui ont des noms, plus de temps a courir sur des bateaux aux budgets moins limites, et que ca marche, qu’ils sont dans le coup -32 milles de retard apres 5 jours sur le premier qui est de la derniere generation, c’est quand meme rassurant-. C’est cela la magie de ce jeu, de continuer a croire qu’avec des vieux pots on peut toujours faire de bonnes confitures, narguer d’autres plus recents, plus veloces, plus fortunes, avoir de la chance et continuer de courir.

Moi j’y crois a cette poesie ringuarde de « Poemes bleus » meme si on me dit que les bons sentiments ne servent qu’a paver l’enfer.

Tant que c’est celui du Nord et qu’ils nous font vibrer, je les y encourage.

L’Atlantic tour 2012

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Me re voilà, apres un an de silence ou presque ou Poemes bleus s’est remis de ses emotions, et moi aussi. Ce n’est pas rien une Route du Rhum, elle m’accompagne encore bien des jours. Une annee 2011 a se remettre a la vie a terre et a faire courir Poemes bleus un peu mais autant que possible, le Grand Prix de Douarnenez, Les Sables Horta Les Sables avec Mat&Mat, et puis le Mondial Class40 a Benodet.

L’hiver a ete bien remplis, dematage et reglage du mat, des nouvelles voiles -Solent, Gennaker, et Spi leger-, carenage et matelotage, et toutes les petites miseres de l’entretien habituel, je passe…

Le programme 2012, c’est un grand tour de l’Atlantique, en commencant par La Solidaire du Chocolat, depart en mars avec Mat&Mat, toujours fideles, l’Atlantic Cup en mai avec Gaspard et Paul, et un retour fin juillet par la Quebec St Malo en equipage, que je skipperais, pour finir la ou tout a commence, St Malo bien sur. Un gros et beau programme donc, dont je vous tiendrais informer regulierement.

Tous ces equipages se succedent a Douarnenez pour s’entrainer et travailler sur le bateau, afin que tout soit pret et que la fete commence, tandis que, d’un oeil je surveille et j’encourage Francois Gouin qui court la deuxieme etape de la Transquadra.

Allez, du vent!

Pour les grands !

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Ce matin a 7 heures zoulou, j’ai effectué mon dernier virement, enfin j’espère!, Dernier transfert de ballast, dernier matossage, comme une délivrance après cette semaine de zigs et de zags dans mon triangle des Bermudes, a essayer de contourner la dépression qui était collée dessus.

Comme une longue bavante de randonnée avant de passer le col, et voir la descente, schuss, celle qu’on était venu faire. Mais comme en Montagne, la montée est aussi belle que la descente, elle fait partie de la course. Ici aussi, ces orages monstrueux, ces éclairs démesurés qui n’en finissent pas de lézarder le ciel et d’éclairer par en arrière les masses de nuages sombres, ces coups de tonnerre, ces virement fastidieux font partie de ma Route, pour le meilleur.

Derniers jours, moins de 1000 milles, je viens de passer la longitude 50°Ouest, tout cela sent l’arrivée, même le ciel déjà a changé, plus bleu, les nuages moins menaçants, une mer apaisée.

Le moral est au beau fixe, tout reprend des couleurs, même pas peur, comme disent les uns, Dalc’h mad pour les autres.

Ce seront de sacrés beaux derniers jours !

Pour les enfants

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Bonjour a tous les enfants de Douarnenez , de Batz et de Parthenay,

merci beaucoup pour vos messages qui me font très plaisir, je suis heureux de faire cette course en pensant à vous, et en sachant que vous naviguez avec moi, au moins par la pensée, et par le plaisir.

Je vais essayer de vous répondre.

Aujourd’hui on est mercredi 16 Novembre, il est pour vous 11 heures du matin et pour moi le jour se lève seulement, une nouvelle journée va commencer. Ce sera une belle journée ensoleillée, il fait déjà chaud, 26°c et sans orage…

Cette nuit j’ai beaucoup barré alors que d’habitude je ne barre pas beaucoup, je laisse ce travail à mon pilote automatique, mais la c’est différent. D’abord parce que j’ai des problèmes électroniques (mon appareil à mesurer la force et la direction du vent est cassé suite a un éclair) et il y avait beaucoup d’orages que je voulais éviter car les vents y sont très violents; alors j’ai pas mal zigzagué !.

La nuit parfois on a peur car on estime mal les nuages et les orages, la mer et on peut se faire surprendre, mais quand il y a de la lune comme en ce moment où elle croit, c’est magique de naviguer sous sa lumière étrange qui donne de beaux reflets aux vagues, aux nuages, et puis il y a les étoiles, tout est très beau, mais il y a la fatigue, on ne peut pas en profiter autant que je voudrais.

Tout se passe bien, le bateau est très solide et en bon état, peu de choses importantes ont cassé, et je suis confiant pour la dernière semaine de course.

Je pense arriver dans 5 jours, sans doute le 21, c’est justement le temps maximum que je pensais mettre, et j’ai assez d’eau de nourriture et d’énergie pour tenir encore une semaine.

Cela devrait aller vite maintenant car les vents vont progressivement tourner et me pousser vers les Antilles et je pourrais demain sans doute utiliser mon spinnaker et faire reprendre l’air à Georges Perros qui est dessiné dessus.

Je n’ai vu aucun gros poisson ni aucune baleine; Je me souviens quand j’avais navigué entre New York et les Acores, au mois de Juillet, on en voyait tous les jours, mais la c’est une autre route et une autre saison. Par contre depuis 2 jours, je vois des poissons volants, de exocets qui sortent hors de l’eau car ils doivent avoir peur du bateau et planent entre les vagues, parfois sur plus de 100 mètres, c’est très impressionnant !

Anémomètre caramélisé

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La descente sinon aux enfers mais dans le classement va continuer, sans doute, car mon anémomètre est défintivement hors service, abimé par je ne sais quoi, une électrocution dans les orages dont je vous parlais hier, qui a éteint mon ordinateur et donc caramélisé mon anémomètre.

Sans lui, je ne connais pas la force du vent ni sa direction , réelle ou apparente, bref ça m’est difficile de régler mes voiles et surtout je ne peux pas régler le pilote automatique sur la direction du vent que je veux qu’il suive. Je n’ai plus à ma disposition que le mode "compas" c’est à dire que je peux seulement lui indique un cap à suivre, ce qui serait parfait si le vent était régulier, mais comme chacun sait qu’il est frippon… Je ne peux plus être performant en vitesse en le suivant. Et si le vent tourne pendant mon sommeil, et bien je suis marron, et le bateau se met en vrac, cf mon trajet de la nuit, par exemple.
Voila, la course est donc terminée, en un sens. Il me reste la Route.

Bonne reprise à vous tous, pour moi ça ira !

Bertrand Guillonneau

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