Voilà donc une semaine que Mat et Mat sont sur un bateau, parmi onze, a rejoindre Progresso, dans la Solidaire du Chocolat.

Un Class40 de purs amateurs, un des rares sans aucun sponsor dans cette course -j’imagine que Looking for sponsor n’en n’a pas non plus?-, sur une « vieille coque » de 2006 qui a deja bu deux Rhum, et l’on parle d’obsolescence, on dit vintage, c’est moins offensant.

Ils ont pris « l’ option Nord », celle des montagnards, y attendant la pression rugueuse du Labrador avant de tomber vers les alises, il faudra bien, mais passant a travers les trous de petoles comme dans du Gruyère, solitaire car aucun autre n’a mis tant d’Ouest qu’eux, qui preferent plutot les courses de petits chevaux, celles sans option ou l’on se marque et ou l’on attend la faute ou la chute, je suis desole pour Jacques Fournier et Jean-Jacques Caso ; comme c’est un jeu, il y faut aussi de la chance.

Pendant 24 heures, ils etaient en tete, et ceux a terre etaient tous a la fete, sachant que cette cavalcade ne durerait pas, mais que ce qui etait pris ne le serait plus a reprendre, surtout notre plaisir.

On dirait du panache.

Et je les suis avec ferveur et passion, d’abord parce que c’est mon bateau, c’est donc bien naturel, et que chaque mille le rapproche du 22 Juillet et du prochain depart de la “Quebec St Malo“, et parce qu’il joue avec des plus grands, qui ont des noms, plus de temps a courir sur des bateaux aux budgets moins limites, et que ca marche, qu’ils sont dans le coup -32 milles de retard apres 5 jours sur le premier qui est de la derniere generation, c’est quand meme rassurant-. C’est cela la magie de ce jeu, de continuer a croire qu’avec des vieux pots on peut toujours faire de bonnes confitures, narguer d’autres plus recents, plus veloces, plus fortunes, avoir de la chance et continuer de courir.

Moi j’y crois a cette poesie ringuarde de « Poemes bleus » meme si on me dit que les bons sentiments ne servent qu’a paver l’enfer.

Tant que c’est celui du Nord et qu’ils nous font vibrer, je les y encourage.