C’est un blog bien espacé que j’ai entrepris, je m’en rends compte aux courriels que je reçois et qui s’inquiètent de mon projet, et surtout je réalise que la préparation à cette course m’a pris bien plus de temps, d’énergie que je ne l’aurais jamais imaginé; sans doute l’inexpérience, mais le travail en valait la peine, il me semble que "Poèmes bleus" est beau comme jamais, prêt comme je le souhaitais, grace à l’aide tous et de tout ce temps que je lui ai consacré. Mais maintenant place à "Ville de Douarnenez" puisque c’est sont nom ici, dans le bassin Vauban de St Malo où je suis arrivé il y a quatre jours après 24 heures de convoyage agréable. Déjà être là est une vraie victoire pour l’amateur que je suis, quatre ans de projets qui se concrètisent brutalement quand je vois les pontons qui s’agitent, les préparateurs qui s’activent, des bateaux partout, entouré de noms illustres dans la voile, étonnant décalage après ces mois de labeurs à Douarnenez où j’oubliais presque que je n’étais pas seul à entretenir le rêve.

Enfin prêt, il ne le serait jamais, mais j’abandonne maintenant les détails qui me semblent inutiles et seulement propres à entretenir une tension stérile; mais il reste quelques choix stratégiques à prendre et je commence à regarder plus régulièrement la situation météorologique prévue pour le départ et les jours suivants, d’où dépendent le choix des voiles qui n’est pas encore  d’éfinitivement pris, Code 0 ou trinquette? J’ai encore un peu de temps.

Et puis des livres à emmener dont je viens de terminer la liste aujourd’hui: "Poèmes bleus" bien sûr et "La pointe du Raz dans quelques uns de ses états", un texte de Perros qui vient d’être réédité à l’occasion de la Route du Rhum avec un fac similé des pages qui contiennent de nombreuses illustrations, et enfin pour conjurer le sort le dernier livres traduit en français d’Imre Kertész "Journal de galère".