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Monthly Archives: octobre 2010

Derniers jours

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J’ai pu, tout le long de ces quatre mois pris, préparer le bateau, et je me rends compte à l’activité fébrile qui règne sur les pontons que tous n’en sont pas là, à moins que j’ai loupé quelque chose, ce qui est  certain mais ma cécité me rassure. Du coup, il m’est peut-ëtre plus facile de m’extraire de cette ambiance de bruits, de monde, d’agitation qui règne sur les quais, les stands, la vieille ville au point que j’en oublierais même St Malo que je vois mal, caché par les mats, les hauts-parleurs.

Je regarde un plus fréquemment les fichiers météo, je range chaque objet sur le bateau pour les retrouver tous même dans le noir, j’essaie de prendre mon rythme et retrouver mes automatismes de mer.

Hier, journée à verifier les programmes de mes deux ordinateurs, le principal et celui de secours, contöler l’électronique et décider de la laisser allumer cette dernière semaine, un détail de plus qui pointe la proximité du départ, presque son imminence, reconfigurer l’AIS qui est maintenant au nom de "Poèmes bleus", il était temps, etc. Ce matin la dernière visite de sécurité, une barrière de plus qui est franchie, ne reste presque plus que l’écluse Dimanche matin à l’aube, mais on gagne une heure… puis le départ 6 heures plus tard..

De mails qui tombent dans ma boîte à courriels, des visites imprévues, des rencontres rythment ces derniers jours, sans pression, et dont je profite avec les douarnenenistes qui sont là et nourrissent de véritables Kouign Amann pétris et cuits sur place des visiteurs éberlués; aujourd’hui un aquarium pour expliquer la faune et la flore de l’estran aux plus jeunes, tandis qu’en arrière-fond d’écran de l’INA, imperturbable et quasi-muet par la technologie cette fois, Georges Perros marche en noir et blanc dans les venelles de Douarnenez et se pose peut-ëtre quelques questions dont on devine des réponses;

 

A St Malo

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C’est un blog bien espacé que j’ai entrepris, je m’en rends compte aux courriels que je reçois et qui s’inquiètent de mon projet, et surtout je réalise que la préparation à cette course m’a pris bien plus de temps, d’énergie que je ne l’aurais jamais imaginé; sans doute l’inexpérience, mais le travail en valait la peine, il me semble que "Poèmes bleus" est beau comme jamais, prêt comme je le souhaitais, grace à l’aide tous et de tout ce temps que je lui ai consacré. Mais maintenant place à "Ville de Douarnenez" puisque c’est sont nom ici, dans le bassin Vauban de St Malo où je suis arrivé il y a quatre jours après 24 heures de convoyage agréable. Déjà être là est une vraie victoire pour l’amateur que je suis, quatre ans de projets qui se concrètisent brutalement quand je vois les pontons qui s’agitent, les préparateurs qui s’activent, des bateaux partout, entouré de noms illustres dans la voile, étonnant décalage après ces mois de labeurs à Douarnenez où j’oubliais presque que je n’étais pas seul à entretenir le rêve.

Enfin prêt, il ne le serait jamais, mais j’abandonne maintenant les détails qui me semblent inutiles et seulement propres à entretenir une tension stérile; mais il reste quelques choix stratégiques à prendre et je commence à regarder plus régulièrement la situation météorologique prévue pour le départ et les jours suivants, d’où dépendent le choix des voiles qui n’est pas encore  d’éfinitivement pris, Code 0 ou trinquette? J’ai encore un peu de temps.

Et puis des livres à emmener dont je viens de terminer la liste aujourd’hui: "Poèmes bleus" bien sûr et "La pointe du Raz dans quelques uns de ses états", un texte de Perros qui vient d’être réédité à l’occasion de la Route du Rhum avec un fac similé des pages qui contiennent de nombreuses illustrations, et enfin pour conjurer le sort le dernier livres traduit en français d’Imre Kertész "Journal de galère".