Me voila donc inscrit parmi 23 autres pour l’instant, c’est officiel puisque c’est !, un autre point de non retour sur le chemin qui me mènera jusqu’à St Malo est atteint.

Je lis dans la liste les noms des concurrents, la plupart connus de réputation, et je sens bien que je suis l’amateur dans ce groupe. D’ailleurs, à lire les portraits de skippers de Class40 dans le Rhum 2010 que Voiles & Voiliers publie régulièrement, entre Pierre-Yves Lautrou et Thierry Bouchard, je comprends bien que l’amateurisme n’a pas pour nous trois la même signification. Il paraît que Charlie Chaplin disait «  La vie est trop courte pour devenir professionnel », ou dans la même veine, Perros : « Travailler, travailler, comme si j’avais le temps! » Quand même, il me faudra travailler encore beaucoup pour être cet amateur que je souhaite devenir et faire une belle Route. Mais du coup, cette position d’outsider que je m’octroie, la seule du reste qui m’est naturellement possible, me convient, m’ôtant toute pression inutile et me permettant de me concentrer sur mon projet, mon entrainement.

À ce propos, Mickael Hédouis qui est en charge du pôle mini de Douarnenez et a accepté de m’entrainer, propose d’organiser sur Dz quelques sessions :

semaine du 20 au 24 Septembre : électronique, mécanique et météo, avec sortie au large (2 jours)

semaine du 4 au 8 Octobre : météo et sortie, manœuvres

semaine du 18 au 22 Octobre : sortie au large et convoaye à St Malo, les bateaux devant y être au plus tard le 22

la veille et le jour du départ, briefing météo

On cherche donc d’autres skippers intéressés pour nous rejoindre sur Douarnenez!

Pendant ce temps, à terre, le projet se construit avec la Ville de Douarnenez et des Perrossiens comme Emmanuel Guibert qui a dessiné mon spinnaker: la motobécane que chevauchait Georges Perros quand il allait en vadrouille ici ou là dans ce bout de fin du monde finistérien, pour faire dans la tautologie. Entre l’écriture de Serge Bloch sur la coque et la grand-voile et le dessin d’Emmanuel Guibert, me voilà doublement entraîné vers le grand large. C’est donc une belle escorte qui m’ouvrira plein gaz la Route, celle du Rhum et des alizés que j’espère sensibles à ce clin d’œil, ce sourire en coin qui j’imagine était le sien quand il roulait vers le cap Sizun ou le Raz, la pipe au bec, et qui m’attend déjà à Douarnenez le 26 juin.