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Monthly Archives: mai 2010

L’alchimie de l’AG2R

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Encore une fois et comme à chaque course transatlantique, à regarder quotidiennement les positions des figaro2 dans l’AG2R, je me dis que je n’en apprendrais rien, leur course n’est pas la mienne: ils courent en double sur des bateaux identiques, au mois de mai avec une porte à passer aux Canaries, et rien de cela ne ressemble à la Route du Rhum qui est en solitaire, avec des bateaux différents même s’ils appartiennent à la même classe -pour moi la Class40-, au milieu de l’automne et avec un itinéraire libre entre St Malo et Pointe-à-Pitre. Rien de comparable donc sinon l’effort et la fatigue, l’inquiétude d’une option que l’on espère un instant plus ou moins long la bonne, la beauté jour et nuit de ce qui entoure.

Mais cette année les organisateurs de l’AG2R ont innové avec une trouvaille qui m’inquiète si elle fait flores, et pour le dire tout net, si justement apparaissait dans mon horizon le trimaran aux moteurs rugissants pour apporter à la terre les incontournables images en directs qui font aujourd’hui les vrais événements, je ne suis pas sûr de garder mon calme.

Je ne vais pas en mer, je ne cours pas le Rhum pour voir un monstre de ferraille brûlant à tout vent son mazout m’interpeller et me demander mes dernières impressions, ce que j’ai mangé au petit-déjeuner et si je suis content d’être là.

Il y a là quelque chose qui me dégoûte, celle de ne pas me savoir solitaire justement et que le soi-disant besoin d’images et de sons à tout va justifierait comme une évidence que je sois suivi par un bateau vrombrissant qui va d’un concurrent à un autre pour alimenter le besoin des sites d’informations en images fumeuses et puantes de gazoil brûlé.

Mais qu’est-ce que cela apporte, rapporte? Est-ce que l’histoire de la course au large n’est pas assez jolie comme cela pour qu’en plus cet Ocean Alchimist vienne me polluer mon horizon, pour qu’il ramène des rush qui ne diront rien à personne, de toutes les façons?

Que je vous rassure, je suis aujourd’hui loin de ma première traversée réalisée dans les temps préhistoriques avec une VHF à laquelle personne n’a jamais répondu et un sextant, et oui j’aurai bien à bord une VHF fixe, une de secours, un téléphone Iridium de secours, ma balise EPIRB, et un Inmarsat, et la balise Argos, et un Iridium open port pour aller sur l’internet. Oui, oui, j’aurais tout cela pour ma sécurité, pour télécharger les fichiers météo, pour communiquer avec les gens à terre qui me soutiennent dans cette aventure. Mais que l’on vienne me filmer en plein milieu de là où j’ai envie d’être solitaire pour distraire, c’est trop. Est-ce que je peux utiliser le mot « vulgaire »? Il y a assez de camera partout où je me promène pour que sur l’océan, on puisse se trouver un peu tranquille quand on le souhaite? Et si c’est pas là, où faut-il donc aller?

La course au solitaire est bien au delà de ces quelques instantanés si vite oubliés et l’imaginaire qu’elle donne à celui qui court comme celui qui la suit ne se nourrit pas de ces saynettes volées.

J’aimerais bien savoir ce qu’ils en pensent et ce qu’il en diront, nos coureurs de l’AG2R qui vont arriver cette nuit, pour peu qu’on leur pose seulement la question. Et si la magie de leurs courses n’avait nulle besoin de cet alchimiste là?

Runs à Douarnenez

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J'étais à Douarnenez il y a quelques semaines et Gwen Chapalain me montrait les préparatifs du Grand Prix de Douarnenez qu'il y organise avec la SRD et tous ses partenaires.

Je savais que je pourrais pas y participer cette année, et j'ai laissé Poèmes bleus à quai au Port-Rhu, esseulé (larmes!) tandis que les autres Class40 commenceront la saison de courses et d'entraînements avec pour certains d'entr'eux aussi le Rhum en ligne de mire. Je pars donc déjà avec un handicap, celui de ne pas pouvoir m'élancer avec eux pour les runs de vitesses dans la baie ou un parcours côtier en mer d'Iroise, comprendre les différences de vitesse et ce qu'il faudrait que je corrige.

Ce week-end et les prochains jours je ne verrais pas non plus les IMOCA, les gigantesques multi, ni les kyte surfs ou les planches qui m'auraient doublé de toutes parts. Ca débute bien plus lentement pour moi...

Il me faut ronger mon frein, et c'est bien là la difficulté -toute relative, soyons honnêtes- de n'être qu'amateur. Le temps, les efforts ne se comptent pas de la même manière, il faut bien faire des choix et comme en navigation, une fois la décision prise, l'option choisie, il faut savoir s'y tenir. À courir le plan d'eau dans tous les sens, je risquerais surtout de n'arriver nulle part. Tout prend du temps, mais j'aime aussi cette marche silencieuse, un peu lente et réfléchie.

Pour moi, mes entraînements en course seront la Chrono à Groix début Juin et l'Happy baie de la Trinité en Septembre, plus les ronds dans l'eau dans la baie de Douarnenez et la mer d'iroise, ma qualification entre je ne sais encore quelles marques, et il faudra bien que cela suffise. Même si, à suivre l'AG2R, on comprend vite pourquoi tels équipages sont en tête et qu'il n'y a pas de hasard, l'expérience paye. De toutes les façons les dés sont désormais jetés mais les jeux pas encore faits, pour l'instant j'ai une bonne pioche!.

Sûrement le spectacle sur l'eau a du être magnifique à ce qu'on m'en dit déjà; l'année prochaine, mon premier week end de Mai est déjà réservé, j'irais jouer le régional de l'étape!