Oui la baie de New York est plein de limules. C’est vraiment laid je trouve, cette grosse carapace préhistorique, la longue queue pointue de rat et ces petites pattes .

On trouve dans les marais de la baie leurs carapaces échouées ou comme celle-là flottant dans les eaux de la Gateway Marina et l’idée que je puisse nager dans la même eau me dégoûte déjà. Je ne sais pas d’où me vient cette nausée réelle et enfantine. Leurs petites pattes je crois, une idée de poux monstrueux ; je ne trouve aucune grâce à leur fourmillement agité. J’imagine qu’elles ne dévorent que des cadavres mais les crabes qui en font autant me sont plus sympathiques avec leurs grosses pinces asymétriques et leurs démarches incongrues, l’idée de leur fuite permanente, et ce n’est pas la couleur de leur sang, bleu parait-il, qui me les rende plus intéressantes, au contraire.

On me dit que certains les mangent mais je suis sûr que ce n’est pas pour moi. La limule m’évoque plutôt un monstre imaginaire et ce n’est que chez Adèle qu’elle me font un peu sourire.

On doit chacun avoir des objets ou des animaux phobiques. Il aura fallu que je vienne jusqu’ici pour rencontrer le mien.