Dans Central Park, au coin de la 72ème et de la 5ème avenue, il y a la statue d’un homme en redingote et portant la barbe d’un prophète comme elle était à la mode à la fin du XIXème siècle. La statue n’attire pas l’œil, elle est un peu isolée, cachée en été par les feuillages, et seul le nom de Morse, sans prénom ni dates, est inscrit sur le piedestal. Il y a plein de Morse aux USA, mais l’homme a sa main droite posée sur un manipulateur d’où sort un ruban de papier en bronze. C’est donc bien Samuel Morse, how do you do?

 

Je ne connais pas son code à part tititi-tatata-tititi que j’ai appris dans les albums de Tintin, et je me demande, chaque fois que je croise la statue de Morse, quels sont les enfants qui jouent sur le parterre à côté qui connaissent encore son nom?

Dans mon imaginaire, Morse va bien ensemble avec Jules Verne, Perry et Shackelton, il évoque des espaces à découvrir, le temps des grandes explorations, une technologie industrielle lourde et épuisante, une foi dans le progrès perpétuel. Un passé révolu donc; depuis on a appris les guerres modernes qui tuent beaucoup, la vie moderne qui tue encore plus…

Morse reste comme un utopiste de son époque, un naïf qui y croyait, un positiviste sans doute. Comment lui en vouloir, maintenant qu’il a vraiment et pour de bon disparu depuis le premier janvier 1999? Il m’est assez sympatique au fond. À cause de Jules Verne et de son invention oubliée.