J’ai repris ma vie transatlantique, et les avions qui vont d’un côté à l’autre de l’océan, et toujours cette bizarre impression que le temps n’est pas le même. Comment identifier cette masse d’eau quand on la survole en moins de 8 heures tandis qu’il faut 2 à 3 semaines en bateau, comment reconnaître cet océan sur lequel on vit tant de choses quand une hôtesse vous apporte un plateau repas?

 

On l’a assez dit que le monde d’aujourd’hui abolit les distances et il faut bien un effort pour se rappeler les nuits de veille, les thès brûlants, les inquiétudes à voir arriver un front. Tout prend une autre envergure au ras de l’eau.

L’océan que je regarde de mon hublot n’est pas l’océan, seulement le signe du décalage horaire qui m’attend et va m’abrutir.

Je regrette alors le bruit des vagues et les oiseaux qui m’accompagnent. Je préfère voir les nuages d’en dessous finalement. Il y a plus d’air à respirer, de lumière à discerner.

 

Tout cela me pousse à m’accrocher à mon projet de Rhum, pour la compétition sûrement, découvrir une histoire que je connais pas, mais surtout retrouver mes nuits et mes jours que je crée à mon envie, me sentir jouer avec les éléments naturels.

J’irais à Tréboul prochainement reprendre en main cette histoire que j’ai laissée inachevée au Marin, y faire un clin d’œil à Charlélie que je retrouverais à New York…