J’ai été suivi pendant plus d’une semaine par un banc de bonites qui devaient se sentir à l’abri ou attirées par la masse grise de ma coque et l’orange de ses appendices. Je ne sais pas.

Elles étaient tout autour de moi, des centaines que je pouvais voir ou deviner, à accéler au gré des vagues. Je pouvais les toucher, si proche, et je ne les péchais pas, je n’en avais pas besoin, ne voulant pas perdre leur compagnie.

Toutes les aubes, tous le crépuscules le même spectacle recommençait. Elles levaient les poissons volants qui s’envoalient en esquadrille, 10, 20 poissons décollants ensemble et volant dans la même direction initaile, sachant par je ne sais qu’elle magie la direction du vent: pratiquement toujours ils partaient du bon côté, décollant face au vent. Ils glissaient ensuite le long des vagues, profitat eux aussi des effets de vent, avant d’atterrir le plus souvent dans la bouche ouverte des bonites qui les attendaient là-bas.

Sinon c’étaient les oiseaux qui les attendaient, profitant de cette agitation pour prélever leur butin.

Sans compter tous ceux qui tombaient sur le pont. Tous les matins il fallaient rejeter tous ces cadavres séchés que j’ai retrouvés même à l’intérieur du bateau. L’odeur…J’en ai essayé des frais en sashimi. C’est bon, une chair musclée sans arêtes.

Ca ne parait pas une vie bien tranquille, celle des exocets!