Je ne savais pas que j'étais attendu.

Je ne suis pas arrivé en catimini comme on arrive de nuit dans un port en me mettant en fin de ponton, mais accueilli par les concurrents de la Transquadra et leurs familles qui étaient bien là, à trois heures du matin, à m'attendre toujours, me rechauffer, visages connus et inconnus, mais des sourires sur tous.

Tout d'un coup j'ai réalisé que cette course, ils l'avaient faite avec moi, suivant ma progression lente mais tenace et moi, s'inquiétant avec moi, souffrant des memes doutes, et partageant la meme joie d'en avoir terminé.

Ce sont là aussi, comme mes jours en mer des moments uniques, sublimes qui m'appartiennent et ne me quitterons plus. La course en solitaire, et c'est cela que je découvre maintenant, meme si je le pressentais, l'esperais n'est pas seulement faite de moments de solitude en mer mais aussi de ces ceux-là partages, des liens se nouant. On m'a envoyé strophes par strophes des poèmes sur ma messagerie Iridium, des messages, des clins d'oeil, on m'a couvert de sourires à l'arrivée; tous ont couru avec moi, je m'en rends compte; je ne le savais pas si bien.

Et comment remercier tous ceux-la qui étaient avec moi, de proche ou de loin, sur mon Pogo à m'aider à tracer son chemin, de leur cadeau?

 

Je suis maintenant dans l'administratif -les assurances, l'immobilisation de Zinzolin au Marin jusqu'à son retour cargo non prévu en métropole- puis je rejoindrais mes habitudes, mais différent, plus riche et plus fort, il me semble.

Avant la suite.