Il y a un avantage à n’avoir plus qu’un seul spi, c’est que ne se pose plus la question du choix.

Mon asymétrique a explosé devant Funchal avant même d’atteindre la tête de mat, et mon spi léger a fait les frais des sautes d’humeur de mon pilote.

Donc il me reste le lourd. C’est pratique, simple.

Je m’étais positionné pour un passage de vent à 25 nœuds qui a été au rendez-vous, du coup j’ai le spi de circonstance ! J’ai fait une petite pointe ce matin à près de 17 nœuds dans une mer croisée, pas encore très surfable, et je me disais que c’était bien parti. Ce matin j’avais affalé le spi pour vérifier l’usure de la drisse et des écoutes, changer de position les nœuds, je suis prêt pour attaquer.

[…]

Je viens de m’interrompre et je reprends, j’ai parlé trop vite, mon spi lourd vient d’éclater lui aussi ! Comme ça, c’est encore plus simple, génois plus ou moins tangonné et en avant.

Moins vite, moins fun… mais quelle idée de faire des spis jetables ? Dans l’histoire, je viens quand même de me prendre un à deux jours de mer de plus. Je m’en serais passé, surtout pour cette raison, mais je dormirais mieux la nuit, on ne peut pas tout avoir.

En fait c’est toujours la même histoire, un enchaînement de petits soucis qui amène au gros problème. «Evil is in the detail», disent-ils. Et ils ont raison.

Pendant que je rangeais mon vrac, j’ai vu une bouteille d’eau minérale vide flotter dans la mer. C’est laid.