Voilà, c’est parti ! Un bloc-note donc, une façon de raconter moments après moments les jours de la Transquadra 2008-09 et ceux qui me séparent de la Route du Rhum 2010 avec mon projet Poèmes Bleus – si tout se passe comme je le souhaite.

Pas simple de démarrer ce blog. Car j’en avais commencé un autre, ailleurs. J’ai l’impression de repartir à zéro, reprendre le fil de l’histoire. Le bout qui manque, vous pouvez le lire , l’histoire a commencé voici presque deux ans.

Mais je vais faire simple pour commencer, j’aurais peut–être le temps ensuite de rentrer dans les détails, et ce, d’autant que le temps presse : je m’envole mardi prochain pour Funchal, Madère, afin de prendre le départ de la deuxième étape de la Transquadra en solo pour Le Marin, Martinique. Mon bateau : Zinzolin, un Pogo 8,50 de 2001 sérieusement rajeuni, peaufiné, travaillé.


Zinzolin, mon Pogo 8,50 au départ de  la Transquadra à Saint-Nazaire.

Voilà, dit comme cela, ça a l’air assez simple. Dans la réalité un peu moins, mais je ne vais quand même pas me plaindre !

Donc, départ le samedi 24 janvier – autant dire demain. Alors, qu’est-ce qui tourneboule dans ma tête en attendant le coup de canon ? La liste incroyablement longue de tout ce qui me reste à faire.

Je vais faire dans le détail, ça me sera un bon pense-bête :

1. Instaler ma pile à combustible. Celle que j’avais auparavant m’a laissé en plan et j’en ai donc repris une autre. En solo, la question de l’énergie est primordiale,existentielle en fait, et je ne me voyais pas faire confiance uniquement à mon alternateur, sans compter le bruit, l’odeur et le poids de gasoil embarqué. Maintenant avec ma pile toute neuve, je me sens rassuré.

2. Rentrer le mode «vent» dans ma centrale NKE. Pourquoi ? Parce que j’ai eu un coup de foudre dans le port de New York il y a trois ans déjà, et que l’électronique n’a pas aimé, mais alors pas du tout. Donc, j’ai tout remplacé, petit bout par petit bout, dernier en date le mode vent. Parce que partir en solo, en course, dans les alizés que j’espère soutenus en février sans mode vent, c’est se promettre des nuits courtes et des parcours sub-optimaux, ou zigzagants, si ce n’est au tapis. Donc, le mode vent.

3. Vérifier toute l’électronique et la connectique du PC au GPS via le bus NMEA.

4. Vérifier le gréement et changer ma drisse de génois qui s’est bizarrement usée. J’aime pas trop ça, car je ne sais pas bien pourquoi elle n’aime pas mes easy-locks, ou réciproquement, mais au moins, j’en aurais une de rechange ; c’est pas de trop à bien y réfléchir.

5. Faire un tour en baie de Funchal avant que mon moteur ne soit plombé pour étalonner mon pilote de secours. Autant le faire dans des eaux calmes plutôt qu’au moment fatidique au l’autre me laissera en rade – enfin, façon de parler. Et puis, tant que j’y serai, un empannage ou deux ne sera superflu.

6. Tâter l’eau de Funchal pour un dernier coup d’éponge sur les formes

7. Regarder les fichiers météo, faire tourner mon logiciel de navigation et me gratter la tête sur la fiabilité de sa projection, rêver de mon aile de mouette dans l’anticyclone.

8. Et puis, seulement enfin, courir à la superette du coin faire le frais qui me manque avec ce qui y restera. On est 90 bateaux au départ, j’ai un peu peur qu’elle ne soit dévalisée. Je ne m’attends pas non plus à une sortie culinaire, et ça me poussera à arriver plus vite…

Bon, deux jours, ça va être juste, mais il y a le décalage horaire – j’habite New York !