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Monthly Archives: janvier 2009

Histoire véridique de mes spis et de la bouteille

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Il y a un avantage à n’avoir plus qu’un seul spi, c’est que ne se pose plus la question du choix.

Mon asymétrique a explosé devant Funchal avant même d’atteindre la tête de mat, et mon spi léger a fait les frais des sautes d’humeur de mon pilote.

Donc il me reste le lourd. C’est pratique, simple.

Je m’étais positionné pour un passage de vent à 25 nœuds qui a été au rendez-vous, du coup j’ai le spi de circonstance ! J’ai fait une petite pointe ce matin à près de 17 nœuds dans une mer croisée, pas encore très surfable, et je me disais que c’était bien parti. Ce matin j’avais affalé le spi pour vérifier l’usure de la drisse et des écoutes, changer de position les nœuds, je suis prêt pour attaquer.

[…]

Je viens de m’interrompre et je reprends, j’ai parlé trop vite, mon spi lourd vient d’éclater lui aussi ! Comme ça, c’est encore plus simple, génois plus ou moins tangonné et en avant.

Moins vite, moins fun… mais quelle idée de faire des spis jetables ? Dans l’histoire, je viens quand même de me prendre un à deux jours de mer de plus. Je m’en serais passé, surtout pour cette raison, mais je dormirais mieux la nuit, on ne peut pas tout avoir.

En fait c’est toujours la même histoire, un enchaînement de petits soucis qui amène au gros problème. «Evil is in the detail», disent-ils. Et ils ont raison.

Pendant que je rangeais mon vrac, j’ai vu une bouteille d’eau minérale vide flotter dans la mer. C’est laid.

Navigation buissonnière !

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Ce qu’il y a d’agréable en partant dernier, c’est qu’on laisse la pression aux autres. Du coup, ça me laisse le temps d’aller faire de la navigation buissonnière au Sud des Canaries, voir si la mer y est plus verte – et, par la même occasion, sentir le goût de leurs alizés. Et comme la question de la navigation en tête ne se pose plus, je vais tenter une option Sud en souvenir de l’Ag2r.

En attendant, je dodeline sur les vagues, la pression du vent ayant nettement diminué. J’attends que ça monte !

Parmi les mauvaises nouvelles du jour, mon pilote principal n’en fait qu’à sa tête qui ne me revient pas. J’ai déjà un spi léger en lambeaux quand il s’est décidé à partir en mode «Vrac» dont je ne trouve pas l’explication dans le manuel. Du coup, je bichonne mon pilote auxiliaire ; j’ai bien eu raison de revenir sur Funchal pour remettre tout ça en ordre. Malheureusement, ce n’est qu’un pilote de base et la fonction «Vent réel» va me manquer très vite dès que la pression du portant va se faire sentir. J’en serais quitte pour barrer plus ; c’est peut-être mieux finalement !

Bonne nouvelle : la lune est de retour ! Encore un peu fine, en courte apparition, mais c’est déjà beaucoup plus gai et ça n’ira qu’en s’améliorant.

On devrait faire plus attention à la lune, elle est jolie. Maintenant qu’on sait changer le climat ici, un jour on serait bien capable d’aller l’éteindre ; ce serait dommage.

Perte ou investissement ?

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Après mon stop à Funchal, sur la grande île de Madère, pour réparation de mes deux pilotes, je suis reparti hier à midi. NKE a été super me téléphonant dès 8 heures 30 pour m’aider à réinitialiser mon pilote et j’ai donc pu installer mon mode «vent réel» qui me sera bien utile dans les alizés.

Gonsalves, shipchandler dans une boutique improbable d’une ruelle de Funchal, minuscule et encombrée d’un fouillis nautique  incroyable, est venu à bord contrôler mon pilote auxiliaire tout neuf : le compas ne fonctionnait pas… Pour un pilote tout neuf, ça ne fait pas très sérieux !

Enfin, maintenant, tous deux fonctionnent et, même si je dois encore trop souvent et inexplicablement réinitialiser mon gyropilote, maintenant, je sais le faire et je peux compter sur mon auxiliaire.

Du coup, je peux m’intéresser à la nav’ !

Notre anticyclone est bel et bien là, tout gros tout dodu, qui m’oblige à faire une route presque Sud bien loin de l’orthodromie… J’investis donc des milles vers les Canaries.

J’espère que notre HP ne va pas me faire le coup de Madoff et partir avec la caisse, sinon ça va me coûter, cher ce petit détour dans les îles espagnoles. Déjà que mon capital a bien fondu…

Pilotes en rade dès Madère

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Dès le départ, mon pilote me jouait des tours, comme s’arrêter tout seul. Puis, les erreurs se sont multipliées…

Profitant de la pétole sous le vent de Madère, je décide d’initialiser mon pilote de secours (je sais, j’aurais dû le faire avant, mais…). Je fais mes deux tours et j’attends le message, mais rien. Alors un troisième, puis quatre, cinq… dix, et toujours aucun message attendu de la déviation. Puis, brutalement mon NKE décide de remarcher normalement le reste de la nuit !


Mais, au petit matin, il décide d’abandonner la partie et ne me dit que des mots d’oiseau : «AFF 3», «L».

Pas de doute : il va falloir faire escale à Funchal pour les réparer tous les deux…

Dernière soirée

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Voilà, tout finit par arriver : dernière semaine, derniers jours, puis le dernier pour de vrai. J’ai la tête dans le sac, ne sachant plus par où commencer, ni comment je finirai. L’ambiance est sérieuse pour tous, sans doute la distance, le temps qui s’annonce long.

Et puis, aussi, l’hécatombe de la première étape, avec 20 % des bateaux qui ne finiront donc pas : sur les 104 bateaux inscrits, nous ne sommes plus que 84…

Ma pile charge, les batteries sont pleines, mon Iridium est réparé… J’ai pu trouver à Porto Santo quelqu’un qui, gentiment, m’a fait la soudure de mon connecteur de charge de l’Iridium qui s’était dessoudée. J’ai regardé avec attention comment il faisait, non pas pour en faire autant, des soudures si fines ne sont pas pour moi, mais j’appréciais sa compétence, sa façon de faire si professionnelle. En cinq minutes tout était fini, mom téléphone en poche et qui charge !

Tout le monde regarde notre anticyclone se stabiliser et chacun y va de sa théorie, et déjà pour le premier bord : au vent ou sous le vent de Madère. Avec du vent, mais au près, ou au portant mais sous le dévent des volvcans de Madère ?

Et ensuite…

Il me reste à faire quelques bricoles, encore. Le temps presse, je vous laisse pour ce jour.

Suivre Zinzolin pendant la Transquadra

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Pour suivre la course, c’est assez facile. On est équipé de balises Argos – un truc de plus à mettre sur le balcon arrière – et le site de la Transquadra permet de suivre les traces de chacun.


Plusieurs systèmes permettent de suivre «en direct» les concurrents de la Transquadra 2008-09.

Et puis, il y a le système de Laurent Barme qui permet individuellement de suivre la route de Zinzolin, par exemple, ou celle de Zenzéro, l’autre Pogo 8.50 qui court en solitaire, barré par Cristina Lombardi. Il suffit d’un Iridium et, avec ou sans PC, on peut envoyer sa position et un commentaire directement. Vous pouvez vous donner une idée de ce que ça donne en regardant ici la trace de Zinzolin pendant la première étape Saint Nazaire-Funchal.

C’est simple, pratique et bien rassurant pour ceux qui sont restés à terre, et en allant directement sur la carte de suivi de Zinzolin, vous aurez de mes nouvelles quotidiennes, promis !

L’aile de mouette

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Avant-départ de Transquadra. À regarder les fichiers météo.

L’anticyclone des Açores semble bien installé, gros et puissant, bien à l’Est, ce qui ne laisse pas beaucoup d’options pour le départ : il va falloir le contourner par le Sud et jouer au plus court sur sa bordure, sa marche d’escalier.

Je reprends mon livre de chevet d’avant les départs, le fabuleux «Météo et stratégie» de Jean-Yves Bernot, relis les règles de contournement des anticyclones, la navigation dans les alizés… Bref, tout savoir sur les «ailes de mouette» que je me prépare à y faire pour raccourcir la route tout en gardant de la pressions dans les voiles.

Je m’attends à des empannages en série, à surveiller le baromètre et les cumulus qui se «rongent par le haut», comme dit Bernot. Tout cela m’a l’air encore un peu abstrait, je verrais bien. Mais cette idée d’aile de mouette me plait bien.

 

ll me revient ce tableau de Magritte dont, adolescent, j’avais affiché le poster dans ma chambre. J’aime bien ce souvenir surréaliste qui surgit du passé et vient illustrer cette navigation, des années après…

Un nouveau départ !

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Voilà, c’est parti ! Un bloc-note donc, une façon de raconter moments après moments les jours de la Transquadra 2008-09 et ceux qui me séparent de la Route du Rhum 2010 avec mon projet Poèmes Bleus – si tout se passe comme je le souhaite.

Pas simple de démarrer ce blog. Car j’en avais commencé un autre, ailleurs. J’ai l’impression de repartir à zéro, reprendre le fil de l’histoire. Le bout qui manque, vous pouvez le lire , l’histoire a commencé voici presque deux ans.

Mais je vais faire simple pour commencer, j’aurais peut–être le temps ensuite de rentrer dans les détails, et ce, d’autant que le temps presse : je m’envole mardi prochain pour Funchal, Madère, afin de prendre le départ de la deuxième étape de la Transquadra en solo pour Le Marin, Martinique. Mon bateau : Zinzolin, un Pogo 8,50 de 2001 sérieusement rajeuni, peaufiné, travaillé.


Zinzolin, mon Pogo 8,50 au départ de  la Transquadra à Saint-Nazaire.

Voilà, dit comme cela, ça a l’air assez simple. Dans la réalité un peu moins, mais je ne vais quand même pas me plaindre !

Donc, départ le samedi 24 janvier – autant dire demain. Alors, qu’est-ce qui tourneboule dans ma tête en attendant le coup de canon ? La liste incroyablement longue de tout ce qui me reste à faire.

Je vais faire dans le détail, ça me sera un bon pense-bête :

1. Instaler ma pile à combustible. Celle que j’avais auparavant m’a laissé en plan et j’en ai donc repris une autre. En solo, la question de l’énergie est primordiale,existentielle en fait, et je ne me voyais pas faire confiance uniquement à mon alternateur, sans compter le bruit, l’odeur et le poids de gasoil embarqué. Maintenant avec ma pile toute neuve, je me sens rassuré.

2. Rentrer le mode «vent» dans ma centrale NKE. Pourquoi ? Parce que j’ai eu un coup de foudre dans le port de New York il y a trois ans déjà, et que l’électronique n’a pas aimé, mais alors pas du tout. Donc, j’ai tout remplacé, petit bout par petit bout, dernier en date le mode vent. Parce que partir en solo, en course, dans les alizés que j’espère soutenus en février sans mode vent, c’est se promettre des nuits courtes et des parcours sub-optimaux, ou zigzagants, si ce n’est au tapis. Donc, le mode vent.

3. Vérifier toute l’électronique et la connectique du PC au GPS via le bus NMEA.

4. Vérifier le gréement et changer ma drisse de génois qui s’est bizarrement usée. J’aime pas trop ça, car je ne sais pas bien pourquoi elle n’aime pas mes easy-locks, ou réciproquement, mais au moins, j’en aurais une de rechange ; c’est pas de trop à bien y réfléchir.

5. Faire un tour en baie de Funchal avant que mon moteur ne soit plombé pour étalonner mon pilote de secours. Autant le faire dans des eaux calmes plutôt qu’au moment fatidique au l’autre me laissera en rade – enfin, façon de parler. Et puis, tant que j’y serai, un empannage ou deux ne sera superflu.

6. Tâter l’eau de Funchal pour un dernier coup d’éponge sur les formes

7. Regarder les fichiers météo, faire tourner mon logiciel de navigation et me gratter la tête sur la fiabilité de sa projection, rêver de mon aile de mouette dans l’anticyclone.

8. Et puis, seulement enfin, courir à la superette du coin faire le frais qui me manque avec ce qui y restera. On est 90 bateaux au départ, j’ai un peu peur qu’elle ne soit dévalisée. Je ne m’attends pas non plus à une sortie culinaire, et ça me poussera à arriver plus vite…

Bon, deux jours, ça va être juste, mais il y a le décalage horaire – j’habite New York !