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Nouvelles Solidaires

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Voilà donc une semaine que Mat et Mat sont sur un bateau, parmi onze, a rejoindre Progresso, dans la Solidaire du Chocolat.

Un Class40 de purs amateurs, un des rares sans aucun sponsor dans cette course -j’imagine que Looking for sponsor n’en n’a pas non plus?-, sur une « vieille coque » de 2006 qui a deja bu deux Rhum, et l’on parle d’obsolescence, on dit vintage, c’est moins offensant.

Ils ont pris « l’ option Nord », celle des montagnards, y attendant la pression rugueuse du Labrador avant de tomber vers les alises, il faudra bien, mais passant a travers les trous de petoles comme dans du Gruyère, solitaire car aucun autre n’a mis tant d’Ouest qu’eux, qui preferent plutot les courses de petits chevaux, celles sans option ou l’on se marque et ou l’on attend la faute ou la chute, je suis desole pour Jacques Fournier et Jean-Jacques Caso ; comme c’est un jeu, il y faut aussi de la chance.

Pendant 24 heures, ils etaient en tete, et ceux a terre etaient tous a la fete, sachant que cette cavalcade ne durerait pas, mais que ce qui etait pris ne le serait plus a reprendre, surtout notre plaisir.

On dirait du panache.

Et je les suis avec ferveur et passion, d’abord parce que c’est mon bateau, c’est donc bien naturel, et que chaque mille le rapproche du 22 Juillet et du prochain depart de la “Quebec St Malo“, et parce qu’il joue avec des plus grands, qui ont des noms, plus de temps a courir sur des bateaux aux budgets moins limites, et que ca marche, qu’ils sont dans le coup -32 milles de retard apres 5 jours sur le premier qui est de la derniere generation, c’est quand meme rassurant-. C’est cela la magie de ce jeu, de continuer a croire qu’avec des vieux pots on peut toujours faire de bonnes confitures, narguer d’autres plus recents, plus veloces, plus fortunes, avoir de la chance et continuer de courir.

Moi j’y crois a cette poesie ringuarde de « Poemes bleus » meme si on me dit que les bons sentiments ne servent qu’a paver l’enfer.

Tant que c’est celui du Nord et qu’ils nous font vibrer, je les y encourage.

L’Atlantic tour 2012

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Me re voilà, apres un an de silence ou presque ou Poemes bleus s’est remis de ses emotions, et moi aussi. Ce n’est pas rien une Route du Rhum, elle m’accompagne encore bien des jours. Une annee 2011 a se remettre a la vie a terre et a faire courir Poemes bleus un peu mais autant que possible, le Grand Prix de Douarnenez, Les Sables Horta Les Sables avec Mat&Mat, et puis le Mondial Class40 a Benodet.

L’hiver a ete bien remplis, dematage et reglage du mat, des nouvelles voiles -Solent, Gennaker, et Spi leger-, carenage et matelotage, et toutes les petites miseres de l’entretien habituel, je passe…

Le programme 2012, c’est un grand tour de l’Atlantique, en commencant par La Solidaire du Chocolat, depart en mars avec Mat&Mat, toujours fideles, l’Atlantic Cup en mai avec Gaspard et Paul, et un retour fin juillet par la Quebec St Malo en equipage, que je skipperais, pour finir la ou tout a commence, St Malo bien sur. Un gros et beau programme donc, dont je vous tiendrais informer regulierement.

Tous ces equipages se succedent a Douarnenez pour s’entrainer et travailler sur le bateau, afin que tout soit pret et que la fete commence, tandis que, d’un oeil je surveille et j’encourage Francois Gouin qui court la deuxieme etape de la Transquadra.

Allez, du vent!

Pour les grands !

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Ce matin a 7 heures zoulou, j’ai effectué mon dernier virement, enfin j’espère!, Dernier transfert de ballast, dernier matossage, comme une délivrance après cette semaine de zigs et de zags dans mon triangle des Bermudes, a essayer de contourner la dépression qui était collée dessus.

Comme une longue bavante de randonnée avant de passer le col, et voir la descente, schuss, celle qu’on était venu faire. Mais comme en Montagne, la montée est aussi belle que la descente, elle fait partie de la course. Ici aussi, ces orages monstrueux, ces éclairs démesurés qui n’en finissent pas de lézarder le ciel et d’éclairer par en arrière les masses de nuages sombres, ces coups de tonnerre, ces virement fastidieux font partie de ma Route, pour le meilleur.

Derniers jours, moins de 1000 milles, je viens de passer la longitude 50°Ouest, tout cela sent l’arrivée, même le ciel déjà a changé, plus bleu, les nuages moins menaçants, une mer apaisée.

Le moral est au beau fixe, tout reprend des couleurs, même pas peur, comme disent les uns, Dalc’h mad pour les autres.

Ce seront de sacrés beaux derniers jours !

Pour les enfants

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Bonjour a tous les enfants de Douarnenez , de Batz et de Parthenay,

merci beaucoup pour vos messages qui me font très plaisir, je suis heureux de faire cette course en pensant à vous, et en sachant que vous naviguez avec moi, au moins par la pensée, et par le plaisir.

Je vais essayer de vous répondre.

Aujourd’hui on est mercredi 16 Novembre, il est pour vous 11 heures du matin et pour moi le jour se lève seulement, une nouvelle journée va commencer. Ce sera une belle journée ensoleillée, il fait déjà chaud, 26°c et sans orage…

Cette nuit j’ai beaucoup barré alors que d’habitude je ne barre pas beaucoup, je laisse ce travail à mon pilote automatique, mais la c’est différent. D’abord parce que j’ai des problèmes électroniques (mon appareil à mesurer la force et la direction du vent est cassé suite a un éclair) et il y avait beaucoup d’orages que je voulais éviter car les vents y sont très violents; alors j’ai pas mal zigzagué !.

La nuit parfois on a peur car on estime mal les nuages et les orages, la mer et on peut se faire surprendre, mais quand il y a de la lune comme en ce moment où elle croit, c’est magique de naviguer sous sa lumière étrange qui donne de beaux reflets aux vagues, aux nuages, et puis il y a les étoiles, tout est très beau, mais il y a la fatigue, on ne peut pas en profiter autant que je voudrais.

Tout se passe bien, le bateau est très solide et en bon état, peu de choses importantes ont cassé, et je suis confiant pour la dernière semaine de course.

Je pense arriver dans 5 jours, sans doute le 21, c’est justement le temps maximum que je pensais mettre, et j’ai assez d’eau de nourriture et d’énergie pour tenir encore une semaine.

Cela devrait aller vite maintenant car les vents vont progressivement tourner et me pousser vers les Antilles et je pourrais demain sans doute utiliser mon spinnaker et faire reprendre l’air à Georges Perros qui est dessiné dessus.

Je n’ai vu aucun gros poisson ni aucune baleine; Je me souviens quand j’avais navigué entre New York et les Acores, au mois de Juillet, on en voyait tous les jours, mais la c’est une autre route et une autre saison. Par contre depuis 2 jours, je vois des poissons volants, de exocets qui sortent hors de l’eau car ils doivent avoir peur du bateau et planent entre les vagues, parfois sur plus de 100 mètres, c’est très impressionnant !

Anémomètre caramélisé

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La descente sinon aux enfers mais dans le classement va continuer, sans doute, car mon anémomètre est défintivement hors service, abimé par je ne sais quoi, une électrocution dans les orages dont je vous parlais hier, qui a éteint mon ordinateur et donc caramélisé mon anémomètre.

Sans lui, je ne connais pas la force du vent ni sa direction , réelle ou apparente, bref ça m’est difficile de régler mes voiles et surtout je ne peux pas régler le pilote automatique sur la direction du vent que je veux qu’il suive. Je n’ai plus à ma disposition que le mode "compas" c’est à dire que je peux seulement lui indique un cap à suivre, ce qui serait parfait si le vent était régulier, mais comme chacun sait qu’il est frippon… Je ne peux plus être performant en vitesse en le suivant. Et si le vent tourne pendant mon sommeil, et bien je suis marron, et le bateau se met en vrac, cf mon trajet de la nuit, par exemple.
Voila, la course est donc terminée, en un sens. Il me reste la Route.

Bonne reprise à vous tous, pour moi ça ira !

Bertrand Guillonneau

Dimanche actif

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C’est un dimanche actif, car il y a beaucoup d’orages qui passent avec pas mal de manœuvres… Je pensais que le 7ème jour je me reposerais, mais non ! Il faut tout négocier, ça pète, il y a des éclairs, c’est beau mais c’est un dimanche tonique ! Je ne m’occupe pas vraiment des autres, et de la tactique quand on sera plus proches de la Guadeloupe. Je n’ai plus 20 ans, donc ça commence à être un peu fatiguant surtout qu’on a l’impression de faire l’Oscar ! Mes spinnakers sont tout neufs, je vais pouvoir bien les conserver ! Nerveusement, c’est fatiguant, si on pouvait faire un peu de portant. Mon bateau pour le près n’est pas très performant, mais ce n’est pas ce qu’on avait en tête en partant, mais ce n’est pas grave ! La Route du Rhum se vit beaucoup avant, les 4 / 5 mois que j’ai pris, ainsi que cette traversée, tout cela va rester, c’et un peu magique, je m’en sors pas mal. Ce n’est globalement que tu plaisir même si je gueule, je râle … C’est du plaisir tout ca !
Bertrand Guillonneau (Ville de Douarnenez)

En route vers le Sud-Est

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Depuis cette nuit les conditions changent, le vent a tourné progressivement et me voilà au bon plein, avec mon code 0, j’ai gagné du terrain vers le sud-est.

Le ciel a changé aussi, fini les nuages bas et gris, on voit au nord des coins de ciels bleus et des cieux à la Poussin, tandis qu’au sud ce sont des nuages à la Turner qui se pointent, bas et menaçants avec une lumière diffractée par endroit. Il n’y a qu’en mer qu’on voit vraiment les nuages !
Et puis les mots des élèves de CM2 de Parthenay en Bretagne, qui en disent bien assez !

Au fait, c’est quoi la poésie?

Pourquoi la mer en aurait-elle besoin ?

Voici quelques extraits, tirés des textes des élèves :


Emma G: « La poésie, c’est quelque chose de parfois triste, de parfois doux. »

Simon: « Et pourquoi n’aurait-elle pas le droit d’avoir de la tendresse? Nous le lui devons bien. »

Malo: «  La poésie est un art que l’on donne à la mer pour qu’elle nous pardonne. »

Camille: « La poésie nous détend et la mer a besoin de calme. »

Marine: « La poésie, ce sont des mots doux qui parlent de la vie. »

Gaëtan: « Il faut calmer la mer car parfois elle se venge de tout ce que nous lui faisons. »

Néolice: « La mer a besoin de poésie car nous lui avons fait du mal. »

Lucie: « Il n’y a que la poésie que la mer puisse entendre. »

Valentin: « La mer sera douce avec la poésie »

Baptiste: « La poésie est un texte qui a de la douceur, qui est fait pour se reposer. »

Clément. « La poésie doit pouvoir voyager où elle veut. »

Emma C.: « La poésie, nous la donnons à la mer en cadeau. »

Nicolas: « La poésie sert parfois à rendre hommage à des personnes qui sont mortes. »

Marie: « La mer aussi a le droit d’entendre la poésie. »

Manon G: « Il n’y a pas souvent de poésie sur la mer. La poésie doit voyager »

Justin: « La mer a besoin de poésie car elle ne peut pas voir le monde extérieur… »

Léandre: « Moi, j’aime bien la poésie mais je ne sais pas vraiment ce que c’est… »

Emilien: « La poésie, c’est un texte qui dit quelque chose de triste mais d’une manière plus joyeuse. »

Manon T: « La poésie a besoin de partir pour montrer qu’elle existe et qu’elle est merveilleuse. »

Aziliz: « Quand on apprend une poésie, on dirait que le monde se réveille. »

Célestine: « Si la poésie va sur l’eau alors, c’est comme si on pouvait la boire et la garder avec nous. »

Nathan: « On maltraite la mer. Il faut la rassurer. »

Coralie: « La mer et les animaux qui y vivent ont besoin de poésie. »

Aujourd’hui, les Açores

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Voilà, j’entame la deuxième semaine en meilleure position que je ne le pensais il y a 8 jours. Et puisque c’est une course, il est difficile de ne pas se prendre au jeu des positions, où suis-je , où vais-je, etc…Je paye le prix de mon option trop câline pour l’anticyclone, trop feignant pour en faire le tour. J’ai pu en admirer les nuages bas et gris,le vent erratique, la mer plate et sombre, c’est déjà pas mal. Aujourd’hui je vais traverser les Acores, près de l’île de Flores, un caillou volcanique en plein milieu de l’eau, couvert d’hortensias que je verrais pas, mais peut-être le sommet de Pico, très haut et aussi beau que le Fuji Yama. Je dis ça pour faire bicher mon copain Serge qui est au Japon en ce moment. Premières terres depuis Ouessant il y a 8 jours, dernières avant la Guadeloupe dans 11 si tout va bien.
Le bateau va bien, les traces d’usures commencent à apparaitre ici ou là, un ragage passe inaperçu qui use trop vite un bout essentiel et me voilà à le surveiller toutes les 5 minutes, un peu d’epoxy hier soir pour réparer la barre bâbord qui s’est cassée dans un empannage un peu trop nerveux -merci Marc pour tes conseils!- et je remonterai ce soir, et par chance elle ne devrait pas trop me servir dans les prochains jours. Bref que de la vie normale qui se met en place, les rythmes s’installent, je prends du plaisir à barrer et à regarder la mer vide.

Bonne journée à vous tous, et merci pour vos messages des connus et des inconnus

Bertrand
39*23.6N 30*02.94W

Dans le Rhum, vraiment

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J’avance sans savoir où sont les autres. Au moins, je ne suis pas obnubilé par la tactique.
Je trace ma route comme elle me semble logique et je suis content de ce que je fais.

Hier à minuit, passage de la dorsale et bascule attendue du vent de nord ouest, 30 nœuds, à débouler en pleine nuit, sous la pluie, sans visibilité, accélération immédiate et surfs à 22 nœuds, etc… Je serre les fesses, ce n’est plus une sortie dans la baie, mais l’impression d’être dans le Rhum, vraiment.

Journée stratégie pour moi aussi, passage par les Açores ou route directe, il faudra que je me décide.


Une semaine déjà…

Acheter son bateau dans un salon natique

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Tout va au mieux. Ma trajectoire me convient et ce soir une petite dorsale va sauté et ça devrait en être fini du près. Au moins pour les prochains jours.
Et j’ai réalisé pourquoi on vend les bateaux dans les salons nautiques, ça n’a que des avantages :
- ça ne bouge pas
- c’est propre
- ça à l’air confortable
- et puis c’est sec !
C’est incroyable comme les canots ne sont plus étanches dès qu’on les met dans l’eau de mer, un peu loin des côtes, au près c’est encore mieux.

Je me transforme en femme de ménage, épongeant à tour de bras, me manque une varangue !


Sinon, entre les crêpes de Dominique et de Claude, le Kouign Amman de Thierry, les pommes de Marie-Thérèse, les noix de Dominique , les sardines de Messieurs des Conserveries, et le jus de pommes des Plomarch’, je ne pourrais pas oublier que je navigue avec les douarnenistes !

Bonne journée à vous, kenavo!
Bertrand Guillonneau (Ville de Douarnenez)